Routes, chemins et voies de circulation à Valmondois au XIXème siècle

Un texte signé Didier Collet paru dans "Valmondois", 1999, publié aux éditions Valhermeil.

Embarcadère au Port aux Loups carte postale XIXème

Pendant des siècles, les fermiers et surtout les meuniers de la vallée du Sausseron expédiaient vers Pontoise et vers Paris, par l'Oise, du grain et de la farine embarqués au Port-au-Loup.

En 1810, le chemin qui y conduit est incorporé à la propriété de Monsieur de Provigny en échange de maisons situées en face de l'Eglise. Dès lors, la route fait le tour du parc du Château, rejoint celle d'Auvers et par une courbe conduit à l'Oise.

Il faut attendre 1897 pour que l'avenue de la gare soit tracée, vingt ans après l'ouverture de cette dernière.

Jusqu'au milieu du XIXème siècle, les transports dans la région se font par route et par voie d'eau. Pour aller à Paris il faut traverser la rivière. Avant 1829, il n'existait de pont qu'à Beaumont, l'Isle-Adam et Pontoise, à Mériel et à Auvers, un bac assurait le transport des voitures. Un « chemin du bac » traversait d'ailleurs les territoires d'Auvers à Valmondois.

En 1829 est inauguré le pont d'Auvers dont l'histoire a quelque rapport avec Valmondois. Il s'agit en effet d'un pont suspendu, à péage, dont l'étude et la réalisation ont été faites par une compagnie privée fondée en 1821 par Monsieur Albert de Provigny contre une concession d'exploitation de 99 ans.

Dès lors le Port aux Loups et le chemin qui y conduisait perd de son importance, et le trafic routier se développe beaucoup.

Au milieu du XIXème siècle sont réalisées les premières voies ferrées de la région. La compagnie des chemins de fer du Nord construit dès 1846 une ligne de Paris à Creil par Saint Ouen l'Aumône, avec gares à Auvers, Parmain et Persan. Pour les habitants de Valmondois il faut toujours se rendre à Auvers ou l'Isle-Adam pour rejoindre Paris.

En 1877, lors de l'ouverture de la ligne Ermont-Valmondois, une nouvelle gare est construite sur le territoire de Butry. En1887, comme ne le précise pas M. Rouland, le « petit train » est installé de Valmondois à Marines avec une halte à la Naze. Désormais les produits de la Vallée du Sausseron sont affranchis du péage d'Auvers, mais la liaison entre la gare et le village de Valmondois laisse toujours à désirer.

Il faut en effet attendre 1897 pour que la rue de la gare soit tracée, rectiligne, au travers des prairies dépendantes du Château, rejoignant au moulin d'Orgivaux (et non des Prés comme l'indique faussement M. Rouland) la route d'Auvers. C'est aujourd'hui encore un étonnement de voir cette rue, au développement urbain avorté, comme en témoigne l'extravagante et solitaire maison de ville qui a malheureusement perdu sa jumelle située en vis à vis, il y a quelques années à peine.